Le 737 MAX, l’avion que Boeing ne voulait pas mettre sur le marché

Le dernier mono-couloir du constructeur américain d’avion est présenté aujourd’hui à Renton, près de Seattle. Un appareil que Boeing n’aurait jamais mis sur le marché sans la réussite commerciale de l’A320neo d’Airbus.

Il s’agit d’un avion qui n’aurait jamais été mis au goût du jour. Le 737 MAX, version remotorisée de l’avion le plus commercialisé de l’histoire de l’aviation, dévoile aujourd’hui sur le site d’assemblage de Boeing à Renton, près de Seattle. Démarré en catastrophe en 2011 pour concurrencer la montée impressionnante de l’A320neo d’Airbus, cet appareil, présenté en trois versions de 126 à 200 sièges (737 MAX 7, 8 et 9), devrait proposer une consommation de carburant en dessous de 14% comparé aux 737 NG actuels, d’après Boeing. Il a principalement l’importante mission d’essayer de combler le retard effectué par le groupe américain sur la branche des mono-couloirs, un marché comportant plus 26.000 avions sur les vingt années à venir, soit 2.770 milliards de dollars selon Boeing.

Les dés sont lancés car sur ce marché utile, Airbus domine pour l’instant sur les débats, grâce à une part de marché de 60%, comparé au 737 MAX qui en occupe 40%. L’A320neo enregistre ainsi à 4.443 commandes, quand le MAX frôle les 3. Et la distance s’est encore agrandie sur les onze premiers mois de l’année car Airbus a ramassé 825 commandes de NEO sur la période, seulement 292 contre des commandes de 737 MAX. Si Boeing est plus rassurant, il va pouvoir rattraper à son concurrent européen, le directeur commercial d’Airbus John Leahy indique depuis de nombreuses années que cet équilibre 60-40 est là pour plusieurs années, une première dans un marché qui s’acheminait jusqu’alors plutôt vers le 50-50.

Réponse trop tardive

Cela est certainement dû au fait que l’avionneur américain ait tardé à réagir suite au lancement de l’A320neo. Quand Airbus démarre, en décembre 2010, une version remotorisée de son A320, consommant moins de 15% en carburant que la version actuelle, Boeing indique que son 737 NG peut supporter le choc, et n’envisage pas changer la donne immédiatement à court terme.