Europe: Banque de France et Bundesbank demandent le « consolidation de l’intégration »

Les gouverneurs des banques centrales française et allemande invitent dans une tribune rendue publique lundi à « renforcer l’intégration » pour encourager la croissance dans la zone euro, pour éviter la tentation d’une « renationalisation » contre les défis auxquels fait face l’Europe.

« L’Europe se trouve à la croisée des chemins », indiquent François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, et Jens Weidmann, président de la Bundesbank, dans une tribune unique rendue publique dans Le Monde et le Süddeutsche Zeitung.

Éviter la renationalisation

« Comme nous somme des Européens engagés, nous remarquons tous deux que l’avenir de l’Europe ne peut se construire sur une renationalisation, mais qu’il passe, par contre, par un affermissement de ses assises », poursuivent les deux banquiers centraux, qui déclarent qu’ « il revient aux hommes politiques de créer le nouveau cadre ».

Les deux hommes font cependant plusieurs propositions, comme « une administration européenne active et moins divisée pour bâtir un Trésor unique à la zone euro, concurremment avec un conseil budgétaire indépendant » et « un organe politique plus efficace pour adopter les décisions politiques, sous contrôle parlementaire ».

D’après les gouverneurs de la Banque de France et de la Bundesbank, l’ « affermissement de la prospérité et de la stabilité dans la zone euro » passe également par des réformes structurelles nationales, la politique monétaire de la BCE ne pouvant seule « engendrer une croissance économique durable ».

« L’Europe peut mieux faire », accentuent MM. Villeroy de Galhau et Weidmann, qui demandent que soit créée une « union de financement et d’investissement » pour mieux réunir l’épargne dans la zone euro pour les entreprises.

Accepter le partage

Ils indiquent qu’, « une meilleure intégration serait la solution la plus élémentaire pour réparer la confiance dans la zone euro, car elle ferait naître des stratégies communes dans les finances publiques et de réformes et par là, la croissance ».

Mais pour y parvenir, il faudrait que les États membres de la zone euro parviennent à un partage de la souveraineté et des pouvoirs en Europe, ce qui demanderait alors une meilleure responsabilité démocratique », finissent-ils.

Cette tribune est publiée un jour avant le 48e Conseil économique et financier franco-allemand, qui doit se tenir mardi à Paris, et alors que plusieurs responsables politiques ont affirmé que la construction européenne était en danger du fait de plusieurs menaces, que ce soit la crise migratoire ou l’éventualité d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE.